Une inclusion économique des Femmes comme levier du projet
Dans la plaine du Saïss, l’agriculture structure les revenus, les emplois et les équilibres
sociaux. Les femmes y sont omniprésentes. Elles travaillent sur les exploitations familiales,
dans les vergers, le maraîchage, les coopératives. Elles contribuent à la production et à la
survie économique des ménages. Mais cette contribution reste largement invisible sur le plan
économique.
Peu de femmes accèdent à la propriété foncière. Peu dirigent des exploitations. Peu
bénéficient directement des dispositifs d’appui, de financement ou de conseil agricole.
Le projet d’aménagement hydro-agricole du Saïss part de ce constat. Il ne le traite pas comme
un sujet secondaire, mais comme un enjeu central de durabilité sociale.
L’approche genre du projet vise donc un objectif clair : transformer la participation des femmes à l’agriculture en véritables opportunités économiques.
Pourquoi une approche genre ?
L’amélioration de l’irrigation change profondément les conditions de production.
Elle sécurise l’eau. Elle ouvre la voie à des cultures plus valorisantes. Elle favorise
l’investissement. Sans accompagnement spécifique, ces changements risquent cependant de
bénéficier surtout aux acteurs déjà les mieux positionnés.
Or, dans le Saïss :
- une grande partie des exploitations sont petites ou familiales ;
- les femmes y travaillent, souvent sans statut formel ;
- leur accès à l’information, au financement et aux marchés reste limité ;
- l’entrepreneuriat féminin agricole existe, mais demeure fragile et peu structuré.
Intégrer la dimension genre, c’est éviter que la modernisation agricole accentue les écarts existants. C’est aussi reconnaître que le potentiel économique des femmes rurales est sous-exploité, alors même que le territoire en a besoin pour renforcer sa résilience.
Une approche fondée sur les réalités du terrain
Le projet ne part pas d’un modèle théorique. Il s’appuie sur un diagnostic précis des
situations vécues par les femmes rurales du Saïss.
Plusieurs profils sont concernés :
- des aides familiales, très actives mais sans autonomie économique ;
- des cheffes d’exploitations agricoles, minoritaires et confrontées à des obstacles multiples ;
- des coopératives féminines, souvent concentrées sur des activités à faible valeur ajoutée ;
- des porteuses de projets, freinées par l’accès au foncier, au crédit ou aux réseaux.
À ces profils correspondent des obstacles bien identifiés : contraintes sociales, difficultés de mobilité, manque de compétences en gestion, accès limité aux financements, faibles débouchés commerciaux. L’approche genre du projet vise précisément à agir sur ces freins.
Accompagner l’accès des femmes aux opportunités économiques
L'approche genre repose sur un accompagnement concret à l’entrepreneuriat féminin agricole. Dans ce cadre, le projet prévoit :
- un appui à la création et au développement d’entreprises agricoles portées par des femmes ;
- le renforcement des coopératives féminines, au-delà des activités de subsistance ;
- l’accompagnement des activités informelles vers des formes plus structurées ;
- la mise en relation avec les dispositifs existants de financement et d’appui.
L’objectif est simple : permettre aux femmes de passer d’un rôle d’exécutantes à celui d’actrices économiques à part entière.
Un choix de durabilité sociale
Soutenir l’entrepreneuriat féminin n’est pas un objectif isolé. C’est une condition pour :
- améliorer les revenus des ménages agricoles ;
- renforcer l’ancrage local du projet ;
- limiter la vulnérabilité économique face aux aléas climatiques ;
- favoriser une appropriation durable des nouvelles pratiques d’irrigation.
En intégrant les femmes dans la dynamique économique du projet, l’approche genre contribue à un développement plus équilibré de la plaine du Saïss. Un développement qui repose sur les ressources en eau, mais aussi sur les femmes et les hommes qui font vivre ce territoire.
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